Après avoir conquis la North Coast Trail en 2018, je me devais de continuer avec la West Coast Trail. Par contre, étant toujours en période de pandémie de COVID-19, il a été difficile pour moi de renoncer à accomplir cette populaire randonnée. Billet d’avion cancellé, je devais me reprendre dans l’une des longues randonnées du Québec que je n’ai pas encore accomplis à ce jour.

Lors d’une petite recherche, quelques choix se sont avérés intéressants ;

  • Le sentier National du Bas Saint-Laurent,
  • La Traverse de Charlevoix,
  • Le sentier des Caps de Charlevoix,
  • Sentiers Frontaliers

 

N’ayant peu visiter la région de Charlevoix sauf pour la Via Ferrata au Parc National des Grands-Jardins et L’acropole des Draveurs dans les Hautes-Gorges, je me suis dit pourquoi ne pas compléter le Sentier de la Traverse de Charlevoix en combinant certains sommets qui la jauge.

 

Eudore Fortin a été le grand bâtisseur et l’âme dirigeante de la Traversée de Charlevoix.  Il a habité longtemps près du parc des Grands-Jardins dont il connaît les moindres recoins et a même été, pendant quelques années, le gardien de la tour qui était située au sommet du Mont du lac des Cygnes. C’est d’ailleurs cet homme qui a développé la majorité des sentiers environnants. Eudore Fortin a travaillé avec acharnement à explorer les lieux, débroussaillé les sentiers et construit les refuges le long du sentier. C’est en 1978 que le défrichage et le balisage du sentier sur tout son parcours (105 km), que les ponts permettant le passage au-dessus des nombreux cours d’eau qui sillonnent le territoire ont été installés et terminés. La naissance de la Traversée a été un franc succès, surtout considérant qu’à la base, le sentier était fait pour le ski de fond, activité qui était peu populaire à ce temps. C’est aussi à ce moment que les six refuges ont été bâtis, permettant de recevoir les groupes de skieurs voulant vivre ce raid, reconnu aujourd’hui comme l’une des plus grandes expériences de plein-air du Québec.

À ce jour, divers travaux d’aménagement ont permis de rendre le sentier accessible  aux amateurs de randonnée pédestre et de vélo de montagne. De plus, les amateurs de plein-air, peuvent se voir offrir divers services  : la Traversée Super de luxe, un service incluant les droits d’utilisation du sentier, l’hébergement, le transport des bagages et de la nourriture ainsi que le déplacement des véhicules du point de départ à l’arrivée.

 

Voici mon histoire ….

 

31 Juillet 2020

03h15, je me réveille. Un peu ‘’pokée’’, je finalise mon packsac et embarque le tout dans ma voiture, je fais des dernières vérifications dans la maison et 04h30, je quitte mon nid pour me rendre près de Baie Saint-Paul. J’emprunte la route 381 vers les nord et me dirige directement au bureau officiel de la traverse pour m’enregistrer.

09h00, je suis arrivé. Après plus d’une douzaine d’années d’implication dans ce dossier, la Fédération québécoise de la montagne a laissé la planification et l’organisation des activités de ce sentier de longue randonnée à un organisme régional : la Traversée de Charlevoix Inc., un organisme privé à but non lucratif, dont les objectifs sont de contribuer à l’aménagement, l’entretien et à l’administration du réseau de sentiers de la Traversée de Charlevoix et dont Eudore est aujourd’hui le président.

La dame à l’accueil est très sympathique et m’explique les modifications du sentier et tout ce que je dois savoir à son sujet. Bien excitée, je quitte avec hâte en direction de l’accueil de la ZEC des Martres, au KM 22 de la 381.

Une fois sur place, il est 10h30, je stationne mon véhicule, enfile mon packsac sur le dos et GO, une nouvelle aventure qui commence !

 

 

Traverse de Charlevoix KM 0 à KM 4,2

Le sentier du départ est très facile, on doit principalement suivre une route de gravier pendant 4,2km et ce, du poste d’accueil St-Urbain de la ZEC des Martres jusqu’au premier refuge. Une affiche de la traverse est indiquée au début et une autre est située au stationnement du Mont Lac à l’Empêche et du Four. Bref, le sentier est linéaire et nous fait longer deux lacs : Lac des employés civils et Lac à l’écluse. Il y a quelques vues sur les lacs et les montagnes environnantes. Il n’y a aucun dénivelé et aucune difficulté sur ce tronçon.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Du stationnement, il ne faut que parcourir moins de 1km pour arriver au Refuge l’Écureuil. Il est possible de séjourner seul ou en groupe dans ce chalet rustique. Étant en pleine pandémie, il y avait limitation des personnes pouvant séjourner dans le chalet. Le chalet en bois rond est équipé d’un poêle à bois, poêle au propane, vaisselle et ustensiles de cuisine, éclairage au solaire ou au propane. L’endroit est très bien aménagé et il est tout simplement facile de profiter de la nature à son plein potentiel. Le refuge donne une belle vue des montagnes avoisinantes et en face, on retrouve un petit sentier qui nous amène à la rivière, endroit parfait pour s’approvisionner en eau.

 

Après une heure de marche, j’arrive au refuge et décide de troquer mes équipements lourds pour une petit camel back avec lequel je ferais quelques sentiers en montagne. 11h30, je débute les sentiers Sentiers Button et du Cadot (Sentiers C B D).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Longueur : Aller-retour de 6,2 kilomètres, Boucle

Niveau : Intermédiaire

Sentier Forestier et Toundra

Altitude : Button m, Cadot m

Durée : 2 heures

 

Le sentier se fait principalement dans un environnement boisé. Il y a quelques endroits où l’on se retrouve dans la toundra proche des sommets mais en général, le sentier est bien aménagé. Après un kilomètre, on retombe sur un chemin de 4X4 pour ensuite bifurquer dans le sentier menant au sommet de Button. La vue est à couper le souffle. Malgré le temps nuageux, c’était très beau à voir les environs. Après une petite pause sur le roc en contemplant la vue du Lac à la main, j’ai poursuivis ma route en me rendant au bas de ce lac. Le sentier est très abrupt pour descendre et il faut quand même faire attention. Au bas du lac, peu de vue et le sentier retourne sur le chemin de 4X4. Quelques mètres plus loin, on retourne sur le sentier Cadot, nous amenant graduellement en hauteur sur un chemin forestier. Non loin du sommet, nous pouvons contempler la région du Lac à l’Empêche et du sommet, une vue 360degré. C’était encore une fois magnifique. Au sommet, la pluie à commencer à tomber mais sans grosses averses. Je me suis donc dépêchée pour me retrouver en forêt me mettre à l’abris. Le reste du sentier descend graduellement et se termine au bord du chemin de gravelle menant au stationnement du Mont Lac à l’Empêche et du Four.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

13h30, je décide de poursuivre sur le Sentier des sommets (Sentier E).

Longueur: 12 kilomètres, boucle

Niveau: intermédiaire

​Sentier Forestier et Toundra

Altitude : Lac à l’Écluse 880m, Grive 900m, La Coulée, Pic de l’Aigle 920m.

Durée : 4 heures

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le sentier est situé sur le rebord du cratère météoritique de Charlevoix, il est à flanc de montagne et présente une série d’escarpements qui dominent le Lac-à-l’Écluse. On y fait une randonnée agréable sur un sentier qui passe de la forêt boréale à la taïga, avec une végétation subalpine. En gros, le sentier donne accès à des cimes procurant des points de vue saisissants sur l’immense territoire montagneux de l’arrière-pays charlevoisien. Le chemin débute non loin du Refuge des Écureuils, une affiche est indiqué Sentier des sommets, on commence tranquillement sur une route bien aménagée et ensuite on bifurque en forêt pour ainsi traverser une rivière sur un petit pont.

 

Le sentier forestier nous amène à une première intersection où l’on peut prendre le sentier menant au sommet du Mont Lac à L’Écluse et Grive. Il faut parcourir un peu plus de 1km avant d’aboutir au premier des sommets. La vue est sublime et malgré la mouillasse, au sommet j’ai eu un moment de répit. La vue sur la Lac à L’écluse est époustouflante. C’était un de mes coups de cœur de la journée. On retourne sur nos pas pour 800m avant de poursuivre le sentier vers le sommet Grive. La vue est moins exceptionnelle mais elle en vaut l’effort ! Continuant le chemin, on retombe sur une intersection qui me donnait le choix d’aller sur le sentier menant au Pic de l’Aigle.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le dernier sentier nous amène aux sommet la coulée pour 1,5km et Pic de l’aigle pour 1,3km. Le sommet de la Coulée est très bien mais je dois avouer que celui du Pic de l’Aigle vaut tout son pesant d’or. La température était clémente et j’en ai profité pour manger à son sommet. Après quelques minutes à contempler la vue, j’ai commencé à entendre des grondements. Le mauvais temps approchait et je devais revenir avant les averses.

 

Je suis revenu sur mes pas pour prendre le chemin du retour. J’entendais le tonnerre gronder au loin et les éclairs déchirer le ciel par moment. Cette nuit-là, j’étais seule dans le refuge. Je me sentais bien malgré que j’avais une amie indésirable toute la soirée (souris).

La Traverse de Charlevoix – 01 Août 2020 – Jour 2 : Sentiers Mont du Lac-à-l’Empêche et Mont du Four