Cette journée marquait donc la découverte de Saint-Pierre, la capitale de l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon. Dès le matin, accompagnées d’un guide local Noah, nous avons parcouru en bus, les rues de cette petite ville au charme français (bon cela ressemble bien aux maisons de nos maritimes canadiennes).
Au fil de la visite, nous avons découvert les principaux attraits de Saint-Pierre. Les quais qui nous ont enxore une fois, rappelé l’importance de la mer dans l’histoire et l’économie de l’archipel. La cathédrale de Saint-Pierre, l’un des symboles de la ville et le fronton de pelote basque qui est un héritage culturel apporté par les nombreux pêcheurs basques qui ont fréquenté l’archipel au fil des siècles. Cette tradition sportive demeure encore aujourd’hui bien vivante et fait partie intégrante de l’identité locale.
Puis, Noah nous a amené au bout de la grande route principale, la route de la Cléopâtre. En suivant cette route, on traverse un paysage typique de Saint-Pierre-et-Miquelon. Collines couvertes de petits arbres alpins, tourbières, étangs et lacs avec des panoramas sur l’océan Atlantique. Plusieurs points de vue permettent d’admirer la côte.
Noah nous parle donc de l’histoire des années 1920, durant la prohibition américaine où Saint-Pierre est devenue un important centre de transit pour l’alcool destiné aux États-Unis, une période qui a marqué son développement économique. Plusieurs hangars ont servi à entreposer les boissons et ils sont reconnaissables aujourd’hui. Sur leur façade, on peut apercevoir une inscription qui indique une année (exemple 1929). Ces hangars rappellent l’époque où Saint-Pierre était surnommée la « capitale de la contrebande d’alcool » en Atlantique Nord.
Noah nous a d’ailleurs parlé d’un festival très populaire en Juillet, Le Dunefest. C’est l’un des plus importants festivals de musique de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Organisé sur les dunes de Langlade, il réunit chaque été des artistes locaux et invités dans un décor naturel, entre l’océan et les étendues de sable. L’événement propose une programmation de musique mêlant rock, pop, folk, dans une ambiance conviviale. Noah m’a alors parlé du groupe Dode qui est l’une des formations musicales emblématiques de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le groupe est fondé en 2009 et interprète des chansons originales en français sur des influences de rock nord-américain. La musique alterne entre énergie électrique et ballades acoustiques.
Le tour se termine par une vue sur le nouvel aéroport ainsi que sur l’ancien, dont le site accueille maintenant plusieurs bâtiments. Quelques arrêts permettent également de profiter de magnifiques points de vue offrant un panorama sur la ville de Saint-Pierre.
Petite parenthèse…lorsque j’ai quitté le bus, j’ai oublié ma bouteille d’eau. J’ai un attachement particulier pour cette bouteille, car elle représente ma vie, mon monde et mes voyages… j’ai tenté de rejoindre Noah mais sans succès. Il a donc fallu que j’avertisse Marie-Hèlène de ma petite problématique. Nous avons attendu au centre d’information, ou toute une équipe de sauvetage s’est mis a notre entière disposition… téléphone, texto, courriels, même l’armée ferait pas mieux ! Ma bouteille a été retrouvée en soirée après nos nombreuses visite. Elle est maintenant saine et sauve et a retrouvé son propriétaire !

En après-midi, nous avons embarqué pour une excursion vers l’Île aux Marins, un lieu chargé d’histoire situé à quelques minutes seulement de Saint-Pierre. C’est une île, qui nous plonge dans le quotidien des familles de pêcheurs qui ont façonné le développement de l’archipel.
À 13 h 45, devant l’hôtel, nous avons rencontré Michael, un guide très dynamique et ayant coeur à ses origines de Saint-Pierrais. Natif de Saint-Pierre, il partage sa vie entre l’archipel et le Québec, où il séjourne l’hiver (pour 7 mois) avec sa conjointe, plus précisément à Saint-Jean-Chrysostome. Grand voyageur, il réalise des vlogs mettant en valeur les artisans et les commerçants, tout en parcourant le Québec à la découverte de ses attraits. Son vlogue, le voici : Eléa x Michael. Les 5 mois restants, ils les passent ici même à Saint-Pierre en tant que guide pour des visiteurs français et anglais. Au mois de Septembre, Octobre, terminé… on retourne vivre les hivers froids du Québec !
Nous arrivons donc au port, prenant le p’tit gravier (nom du bateau) pour faire un gros 10 minutes de traversier pour se rendre a l’île aux marins. La signification des p’tit gravier m’a étonnament surprise… Les « petits graviers » étaient de très jeunes garçons, 0 originaires de Bretagne, de Normandie et du Pays basque, envoyés à Saint-Pierre-et-Miquelon entre le début du XIXᵉ siècle et le début du XXᵉ siècle pour travailler dans l’industrie de la morue. Ils étaient surnommés ainsi parce qu’ils travaillaient sur les graves, de vastes étendues de galets où les morues étaient salées et séchées avant d’être expédiées en Europe. Ces enfants, parfois âgés d’à peine 10 à 14 ans, quittaient leur famille pour échapper à la pauvreté. À leur arrivée, ils effectuaient des journées de travail pouvant atteindre 16 heures, dans le froid, le vent et l’humidité. Ils retournaient les morues, transportaient les poissons et entretenaient les graves, souvent dans des conditions très difficiles.
Le temps est clair, ce qui est très rare au mois de Juillet … on mène tu une bonne vie … les deux seules journées de soleil du mois hihi !
On parcourt quelques sentiers bordés de maisons traditionnelles colorées, d’anciens bâtiments religieux et de vestiges liés à la pêche, nous avons eu l’impression de remonter le temps. Il faut savoir que chaque bâtiment raconte l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont vécu au rythme de la mer et des campagnes de pêche.
La Maison Morel est l’un des bâtiments patrimoniaux qui représente l’Île aux Marins. À l’origine, cette maison se trouvait dans la ville de Saint-Pierre et elle a été démontée puis reconstruite sur l’Île aux Marins. Elle appartenait au dernier « petit pêcheur » de l’île, ce qui explique sa grande valeur historique.
Le lavoir ou « maison du lavoir » était un bâtiment communautaire où les habitants venaient laver leur linge avant que les maisons ne soient équipées de l’eau courante. À l’intérieur, on trouvait de grands bassins alimentés en eau douce. Les femmes s’y retrouvaient pour laver les vêtements, les draps et le linge de maison à la main, à l’aide de savon et d’une planche à laver. En hiver, le lavoir permettait de travailler à l’abri du vent et du froid.

Le cimetière lui, est situé près de l’église, il rappelle les nombreuses générations qui ont vécu sur l’île ainsi que les risques liés à la navigation et à la pêche.
L’église Notre-Dame-des-Marins qui a été construite à la fin du XIXᵉ siècle était le cœur de la vie religieuse du village. Les familles s’y réunissaient pour les baptêmes, les mariages et les cérémonies en mémoire des marins disparus en mer.
L’ancienne école ou les enfants de l’île y recevaient leur instruction dans une classe unique. Aujourd’hui, elle présente des expositions qui racontent l’histoire et le mode de vie des habitants. Sur le tableau du professeur, une citation qui m’a émue…
<<Samedi 6 juillet 1963 La dernière classe. Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie et, en appuyant de toutesses forces, il écrivit aussi gros qu’il put : << Vive la France ! >> Puis il resta là, la tête appuyée au muret sans parler, avec sa main il nous faisait signe: << C’est fini… allez-vous-en >>.
Fin de la visite, nous sommes retourné sur notre petit traversier et avons foulé pied à Saint-Pierre. Soirée libre pour tous, certains on pris du temps pour se reposer à l’hôtel, manger au restaurant, faire des commissions et marcher dans les rues du village. De mon côté, j’ai rencontré Isabelle, une amie a ma mère qui habite l’île depuis 2 ans. Elle est venu nous chercher en voiture et j’avais une demande spéciale… visiter La ligne Verte. La Ligne Verte est une entreprise innovante de Saint-Pierre-et-Miquelon qui a pour mission de produire des aliments frais toute l’année. Fondée en 2020, elle mise sur l’agriculture en environnement contrôlé, avec de la culture hydroponique. Légumes, herbes aromatiques, micro-pousses, fraises et encore.
Le propriétaire, nous a fait une visite exclusive avec une petite dégustation de ses produits. L’entreprise s’est également diversifiée avec une petite conserverie, des produits fermentés et la Distillerie du Goéland, où sont élaborés des spiritueux inspirés des plantes et des saveurs boréales de l’archipel.
Sincèrement, l’endroit est très sympathique et je recommanderais les gens de venir visiter cet endroit fort bien spécial. Malheureusement, l’endroit est plus loin du centre de Saint-Pierre, il faut un transport.
Bien que notre séjour à Saint-Pierre-et-Miquelon nous ait permis de découvrir plusieurs facettes de l’archipel, nous ne nous sommes malheureusement pas rendues jusqu’à Miquelon et Langlade. Ce sont deux îles plus sauvages et moins fréquentés que Saint-Pierre et elles demeurent une destination encore préservées et peu de touristes ont la chance de visiter. Peut-être un jour, je trouverais une excellente excuse pour revenir dans l’archipel et poursuivre l’exploration de ce petit coin de France en Amérique du Nord.
Jour 10 : St. John´s – 09 Juillet 2026

































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