Ce matin, j’étais particulièrement excitée à l’idée de découvrir Saint-Pierre et Miquelon, une destination que peu de voyageurs ont la chance d’explorer. Bien que l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon soit le dernier territoire français en Amérique du Nord, la plupart des visiteurs se limitent à Saint-Pierre, laissant Miquelon encore préservée du tourisme. En prenant la route vers l’île, j’avais le sentiment de me diriger vers un endroit unique, où la nature, l’histoire et les traditions occupent encore une place importante dans le quotidien des habitants. Une nouvelle aventure m’attendait et j’avais hâte de découvrir le tout.

Nous sommes donc partis dans péninsule de Burin qui est surnommée « The Boot » (« la botte ») en raison de sa forme vue du ciel. La péninsule s’étire sur 130 km entre la baie de Fortune et la baie de Placentia. Un fait intéressant est que le 18 novembre 1929, elle a été frappée par le tsunami le plus meurtrier de l’histoire du Canada. Un puissant séisme de magnitude 7,2 s’est produit au large des Grands Bancs de Terre-Neuve. Ce tremblement de terre a déclenché un immense glissement de terrain sous-marin, qui a généré un tsunami se dirigeant vers la côte. Quelques minutes plus tard, trois vagues successives ont déferlé sur les villages côtiers. Les vagues ont arraché des maisons de leurs fondations, détruisant les quais, les bateaux et les installations de pêche. 30 personnes y ont perdu la vie. Quand même quelque chose pour ses petites communautés !

Premier arrêt devant un bâtiment plutôt particulier. Je dois vous avouer que je n’en connaissais pas du tout l’histoire! Il faut dire que je n’étais même pas née à l’époque… et, à ma grande surprise, plusieurs voyageurs du groupe n’en avaient eux non plus aucun souvenir, puisqu’ils étaient encore très jeunes.

Il s’agit de l’ancien pavillon de la Yougoslavie de l’Expo 67, soigneusement démonté à Montréal, transporté par bateau jusqu’à Terre-Neuve, puis reconstruit à Grand Bank. Son architecture moderne, avec ses lignes évoquant des voiles gonflées par le vent, contraste avec les maisons traditionnelles du village tout en rappelant son héritage maritime.

Après l’arrêt « pipithoresque » (j’adore cette expression), nous sommes repartis en direction du village de Fortune, où nous avons embarqué à bord d’un traversier, le Nordet. Ce bateau est exploité par SPM Ferries. Il fait un trajet d’environ deux heures vers Saint-Pierre-et-Miquelon.

À mesure que l’île de Saint-Pierre apparaissait à l’horizon, je devenais de plus en plus excitée. Après plusieurs jours passés à découvrir les paysages de Terre-Neuve, nous nous apprêtions à changer complètement d’ambiance. Ici, l’accent et les habitudes de vie rappellent la France, créant un contraste à seulement quelques kilomètres des côtes canadiennes. Dès notre arrivée, nous avons profité d’un temps libre pour explorer les rues étroites et colorées de Saint-Pierre. L’atmosphère était différente. Les cafés, les boulangeries, les boutiques et une petite terrasse ajoutaient une touche européenne à cette destination hors du commun.

Mon but premier était d’aller au belvédère Saint-Pierre, l’un des plus beaux points de vue de l’archipel. Il offre un panorama spectaculaire sur les falaises, les criques rocheuses et l’immensité de l’océan. Nous avons admiré les eaux qui entourent l’archipel et apprécié toute la beauté du littoral façonné par les vagues et le vent. C’est un endroit privilégié pour prendre des photos, observer les oiseaux marins et profiter du calme de la nature.

Pour terminer cette soirée en beauté, nous avons flâné dans les rues de Saint-Pierre avant d’aller souper.

Nous avons séjourné à l’hôtel Robert, également connu sous le nom d’Hôtel du Vieux Port, situé directement en bordure de l’océan et à seulement quelques minutes de marche du terminal du traversier. L’Hôtel Robert est le plus grand hôtel de l’archipel avec ses 43 chambres. Son histoire est aussi fascinante que le territoire lui-même. Construit durant la période de la prohibition dans les années 1920, l’hôtel aurait même accueilli le célèbre Al Capone parmi ses clients. C’est donc à cet endroit que nous avons mangé.

Au retour, la fatigue se faisait tranquillement sentir. Peut-être un petit coup de soleil ma belle Édith ? Elle est ou ta crème… (je sens déjà le jugement). Le soleil, le vent et l’eau salée formaient tout les ingrédients pour rendre mémorables nos premiers instants en France. J’ai hâte à demain !

Jour 9 : Saint-Pierre et Île aux Marins – 08 Juillet 2026