Brrrr… quelle nuit glaciale !
À 5h30 du matin, malgré le froid mordant, je me réveille sans le moindre mal de tête – une petite victoire à célébrer en haute altitude ! Avant mon départ pour ce magnifique pays, je me suis renseigné auprès de ma pharmacienne et j’ai demandé un médicament de prévention pour le mal d’altitude. Mais n’étant pas une »fan » de pillules, j’ai décidé de ne pas en prendre pour mon voyage et que de prendre des tylenols. Ah bin zut, au moment ou j’en ai besoin, je réalise que j’ai oublié mon pot de tylenols, advils et autre au Canada. Bravo Edith ! Isabelle, une bonne samaritaine, m’a laissé quelques advils au besoin. Bon, au moins ce matin, je ne ressens plus de mal de tête ! C’est déjà mieux ! Je prépare mes valises dans la pénombre, alors que le silence matinal enveloppe encore la vallée, je suis frigorifié.
Le départ se fait de bonne heure en direction du célèbre Canyon de Colca. Mais voilà, même les machines souffrent du froid : notre bus peine à démarrer, les sièges en cuir nous figent les fesses et le chauffage met un temps fou à faire effet. Vive les hémoroïdes ! Tant pis, on active le plan B : on se réchauffe de l’intérieur, en gardant l’esprit léger et les yeux rivés vers l’horizon, en attendant que le soleil vienne doucement me réchauffer.
Nous quittons Chivay pour rejoindre le Canyon de Colca, considéré comme l’un des canyons les plus profonds au monde, avec ses plus de 3 400 mètres de profondeur. Ce joyau naturel est entouré de terrasses agricoles pré-incas, de villages andins pittoresques, et de panoramas à couper le souffle. C’est sans doute l’un des panoramas les plus impressionnants que j’aie eu la chance de contempler. Les couleurs dorés, les montagnes, le canyon, les nombreuses terrasses sillonant les montagnes. ouff !
Mais ce qui attire les regards et les cœurs de cet endroit, c’est surtout la star des lieux : le condor des Andes. Immense, majestueux, presque irréel, il plane au-dessus du vide avec une élégance que rien ne peut égaler. Et nous avons eu la chance inouïe d’en voir plusieurs, juste au bon moment, à Cruz del Condor, le point de vue emblématique du canyon.
Je ne saurais mettre en mots l’émotion ressentie à cet instant précis… Le regard tourné vers le ciel, le souffle suspendu, j’ai vu les condors des Andes surgir des falaises, planant au-dessus de ma tête, portés par les courants d’air chaud du canyon. C’était comme assister à un ballet silencieux, où la nature prend toute la place, dans une puissance tranquille et presque sacrée. J’en avais des frissons. Voir ces géants de l’air de si près, si libres, si imposants… j’étais tout simplement émerveillée. C’est l’un de ces moments rares je me suis sentie toute petite…
Après cette belle aventure, nous avons repris la route. Le trajet vers Puno est long, sinueux, mais d’une beauté à couper le souffle. Les paysages défilent, grandioses, irréels… Et malgré toutes les photos prises, rien ne rend vraiment justice à ce que mes yeux ont vu ce jour-là.
Nous sommes arrêté au village de Maca pour y faire une une petite halte bien particulière : dégustation d’une boisson locale des plus surprenantes : un jus de sancayo (le fruit s’appel Sanky), préparé à partir d’un cactus typique des Andes. Sa pulpe, légèrement acidulée et rafraîchissante, est transformée en un jus naturel, parfois sucré avec un peu de miel. Servie bien fraîche, cette boisson aux airs simples est en réalité riche en bienfaits : on lui prête des vertus digestives et purifiantes, parfaites pour se remettre d’un long trajet en altitude ! Cela ressemble en fait à un jus de kiwi mais avec un goût particulier ! Une belle découverte, authentique, qui nous rappelle à quel point la nature andine regorge de trésors insoupçonnés.
Nous avons donc poursuivis notre route sur les routes andines qui se déploient devant nous comme un ruban sinueux, serpentant à travers des montagnes majestueuses et des vallées profondes. (Mon dieu que je me sens poète). Chaque virage dévoile un nouveau panorama, toujours plus spectaculaire des uns aux autres. IMPOSSIBLE de ne pas regarder les pics enneigés, les terrasses agricoles millénaires, et les villages accrochés aux flancs abrupts. Au fil du trajet, les couleurs changent, la lumière joue avec les roches et les herbes dorées faisant croire que je vois les Cités d’or. C’est tout simplement magnifique, pour moi c’est ma journée préférée du voyage.
À 18h00, nous arrivons à Puno, fatigués mais remplis d’émotions. Une bonne douche, un peu de repos, puis chacun profite de son temps libre à sa manière : balade dans les rues animées pour certains, détente bien méritée pour d’autres. Nous nous installons donc à l’hôtel Terra Mistica Ciudad del Lago. Situé à seulement trois pâtés de maisons de la Plaza de Armas, au cœur du centre historique et touristique. Petit coup de coeur de cet hôtel pour son emplacement privilégié, le confort de ses chambres (avec chauffage) et dont le personnel est très accueillant.
Nous avons fait nos aurevoirs à Patty, notre guide, qui repartais en bus de nuit pour Arequipa. Toujours le sourire aux lèvres, un mot gentil pour chacun, et une énergie contagieuse qui réchauffe même les plus froides matinées andines. Dès les premiers instants, elle s’est montrée d’une grande disponibilité, attentive au rythme de chacun. Elle connaît bien les effets de l’altitude et veille constamment à notre bien-être : elle nous rappelle de boire beaucoup d’eau, de marcher doucement, et propose sans hésiter des infusions de coca ou des astuces locales pour apaiser les maux de tête ou les essoufflements. Mais au-delà de ses bons conseils, c’est surtout sa joie de vivre, sa bienveillance et son amour pour sa culture qui font toute la différence. Elle ne se contente pas de guider, elle accompagne, elle rassure, elle partage. Merci Patty pour ses belles aventures !
Malgré la grosse journée que nous avions eu, j’ai décidé de me greffer avec quelques personnes du groupe pour marcher dans les rues de Puno. Ce soir là, il y avait beaucoup de festivités…. mais que se passe t-il ? Nombreuses sont les célébrations pour le 21 juin marque au Pérou du solstice d’hiver, un moment sacré dans les cultures andines qui symbolise le renouvellement de la lumière et le retour progressif du soleil. Cette date, célébrée depuis des millénaires, est un temps fort de la spiritualité andine, qui honore la connexion entre l’homme, la nature et l’univers. À travers tout le pays, et particulièrement dans les régions andines comme Cusco, Puno ou la vallée sacrée, les communautés organisent des cérémonies, des rituels et des danses traditionnelles. Ces manifestations rendent hommage à Inti, le dieu soleil, et à la Pachamama, la Terre mère, en exprimant gratitude et respect pour les forces qui soutiennent la vie. Les célébrations mêlent offrandes, chants, costumes colorés et danses rituelles, recréant une atmosphère festive et mystique. Elles sont aussi l’occasion de transmettre les savoirs ancestraux et de renforcer les liens sociaux et culturels au sein des communautés.
Ainsi, le 21 juin au Pérou (demain) est bien plus qu’un simple événement astronomique : c’est une fête vivante, un hommage vibrant à la nature et à la tradition andine qui continue de rythmer la vie des peuples des Andes. Je vous le redis encore, c’est l’une de mes plus belles journées au Pérou, une journée de voyage intense, mais combien précieuse par la richesse des paysages traversés.
Demain, une nouvelle merveille nous attend : le lac Titicaca… À suivre !

































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