La nuit dernière, il a fait chaud pour une fois ! Une belle journée s’annonce et je me sens prête pour partir à l’aventure. J’embarque dans le Uaz, un camion russe dont seul le conducteur connait la mécanique et les nombreuses routes sinueuses à prendre pour se rendre aux destinations désirées. JAMAIS je n’aurais été en mesure faire le trajet seul. C’est pratiquement impossible, sauf si on a 2 mois à avoir pour se perdre dans les vallées.
Le début de la journée se passe au Monastère Tuvkhun qui est situé au sommet de la montage Shireet Ulaan. Le mot Tuvkhun signifie « Terre heureuse et solitaire ». Une fois le véhicule stationné, j’ai continué à pied longeant un petit sentier de 3km, qui est le seul moyen d’accès au monastère. Fortement chargé d’histoires de conquérants et de marchands, ce monastère a hébergé Zanabazar, le premier chef spirituel mongol provenant du bouddhisme tibétain. En 1686, il composa entre ces murs l’alphabet soyombo, écriture toujours utilisée de nos jours dans les inscriptions des temples mais qui a disparu de nos jours. Son héritage est resté parmi le peuple mongol, dont le symbole est présent sur le drapeau national. Les Mongols croient et vénèrent le Soyombo comme un symbole d’indépendance ou de liberté en matière de politique et de religion. Le monastère Tuvkhun est situé à 2312m d’altitude offrant ainsi un panorama sur toute la chaîne du Khangaï.
Le pic rocheux est entouré d’une forêt verdoyante, principalement de mélèzes et de cèdres. Il a été construit par Undur Gegeen Zanabazar en 1653, dans le but de méditer et de créer des arts. Le monastère de Tuvkhun était avant tout, une cabane en bois ou il travaillait les arts et ma méditation. Le monastère d’origine a été attaqué par des soldats d’Oriad en 1688. Cependant, des moins et des habitants locaux l’ont restauré en 1760 et 1786. Malheureusement, le monastère Tuvkhun a également été détruit pendant la répression communiste. L’autorité locale a pris le monastère sous sa protection en 1971, et l’État en 1994.
Avant d’arriver au monastère, il faut marcher sur un sentier de 3km dont les 2 premiers km se font sur une pente progressive jusqu’à un Oovos. Une fois passé le totem, on descend sur un petit plateau avant d’arriver sur le site. On grimpe de grosse roches et observe plusieurs temples, une petite grotte où l’on peut faire de la méditation et une autre grotte que l’on surnomme le Mother Belly. J’ai visité les lieux et mangé pour le dîner au sommet de la montagne en ayant une vue magnifique des environs !
Le ventre plein, j’ai décidé de faire quelque chose d’assez inusité. J’ai visité l’Ekhiin Hevlii (le ventre de la mère). Cette mini grotte est juste assez grande pour contenir une personne de taille adulte. L’entrée est la même que la sortie et au bout du dit tunnel, il faut se recroqueviller comme un fœtus afin de revenir par le même chemin. On dit qu’il faut ramper pour y entrer dans l’espoir que nos pêchés soient effacés en priant dans le ventre et qu’en ressortant on renaît sans péchés.
Pour parvenir à cette grotte, il faut grimper comme une chèvre de montagne tout au haut de la dit montagne ou l’entrée est située. Je m’installe au début du tunnel, je me mets sur le ventre et j’observe, je regarde l’étroit passage menant au ventre qui semble minuscule d’où je suis. Je me dis, FILLE, MAIS DANS QUOI TU T’ES EMBARQUÉ…. Je décide, c’est le moment, je glisse dans la parroie serrée et bien sûr, ma botte reste prise quelque part, je me démène… CALME TOÉ FILLE CALME TOÉ, DON’T PANIC… je tourne ma cheville, j’essaie de la dégager et pouff libre, je continue mon chemin pour aboutir au bout, face contre le mur de roche, les pieds à la sortie, je me met en position fœtus. OH MY FILLE, T’ES FLEXIBLE ! Je me retourne et je vois enfin la lumière, tête première, je rampe pour dégager tous mes péchés le plus rapidement possible. On m’a dit que si tu restes pris lors de ta sortie, tu as beaucoup de péchés à te faire pardonner. Moi qui se dit : DÉPÊCHE TOÉ DE SORTIR FILLE !! Je sors de la grotte, rassurée. Bien contente de l’avoir fait mais beaucoup d’hésitation au début. C’est une belle expérience sincèrement mais qui fait un peu peur.
Après cette courte aventure, j’ai visité le sommet qui offrait un magnifique panorama. Je suis retourné tranquillement par le sentier menant au stationnement. J’ai rejoint le chauffeur Daavas accompagné du groupe et de notre guide Zolo, nous avons repris la route jusqu’à un campement sauvage dans la vallée de l’Orkhon.
Arrivée au campement, j’installe ma tente et prends du soleil. La soirée était relativement tranquile, comme à l’habitude, je soupe en compagnie de mes nouveaux compagnons de voyage….
Voyage en Mongolie : Jour 11 – Chutes de l’Orkhon & Départ vers le désert de Gobi



















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