05 Août 2020

Jour 6 Refuge Geai Bleu au Refuge Coyote

Longueur : 15,9km

Dénivelé : +296m – 355m

Durée : 6 heures

 

Cette partie du sentier a été selon moi, mon coup de cœur et ce, malgré de nombreux kilomètres à marcher dans la boue, tenté de traverser des rivières déchainées nue pied tout en endurant les conséquences de mes ampoules. Bien que la fin ait été pénible, je me souviendrais de cette journée qui selon moi était la plus intéressante et mémorable du parcours.

Le sentier de presque 17km suit la rivière Malbaie puis le ruisseau Chouinard en montant sur 8km et longe une série de lacs. Le sentier monte sur un versant du bassin de drainage de la rivière Malbaie et passe au Petit-Saguenay qui se jette au Saguenay. C’est la journée la moins exigeante de la traversée selon les écrits mais en réalité, ce fût la plus exténuante de toute l’aventure, du moins, elle a joué sur mon moral !

 

Au KM 14 il est possible de s’arrêter pour un petit point de vue, ce n’est pas la plus belle vue mais elle donne encore un bel aperçu des montagnes de la région. On continue encore de marcher en forêt tout en longeant le ruisseau Chouinard qui est déchaîné. Il faut quand même mentionner que nous avons reçu beaucoup de précipitations durant la nuit faisant monter l’eau des rivières et ruisseaux. Pour encore 4 km, on longe toujours la rivière. Je dois avouer que c’était féérique et que j’ai particulièrement aimé ce tronçon.

Au KM 10, on grimpe tranquillement en altitude, toujours avec quelques parties difficiles à marcher pour cause de la bouette. Heureusement, j’ai mis mes guêtres ce qui m’a permis d’avoir les pieds au sec pour une bonne partie du sentier. Près du KM 10.5, on arrive sur un cap rocheux sur lequel on peut apercevoir les montagnes au loin, de là, il est aussi possible d’utiliser son téléphone pour appeler ses proches. J’ai donc profité de ce moment pour appeler ma mère et lui dire que tout était correct de mon côté et qu’il ne me restait moins de 8km avant d’arriver au refuge. Il n’y a aucune difficulté jusque-là.

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Le sentier est relativement facile par la suite, au KM 8, on longe un premier lac. Si je regarde bien sur les cartes et google map, il semblerait que ce soit le lac Misère. Il va s’en dire que c’était concept pour la journée… Il aurait été bien de s’y arrêter mais il n’y avait pas d’endroit pour se reposer, sauf à la toute fin sur de petites roches. Je n’ai pas trop perdu mon temps mais j’en ai profité pour sécher mes bas et bottes. J’ai repris la marche prête pour les derniers kilomètres. Je ne savais pas ce qui m’attendais.

Le KM 6 a été le plus difficile et le plus intense. Pour un kilomètre, il a fallu traverser des rivières dont le courant a détruit des ponts naturels de tronc d’arbres. Il y avait des accumulation d’eau sur le sentier laissant aucune chance de trouver autre option que de traverser à pied. Bien sûr, le tout avec de la boue par ci et par là. Je commençais à m’impatienter et à avoir hâte de retourner sur un chemin plus facile. Je dois avouer que dès ce moment, ma force mentale s’est mise au travail. Après quelques mètres, on longe un deuxième petit lac (nom inconnu), c’était moins pire mais après avoir conquis le kilomètre infernal, c’était autour de la boue à se pointer pour le KM 5 jusqu’au KM 3,5. Hélas, je ne pourrais pas m’en sortir.

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Au KM 3,5 on bifurque sur le sentier de vélo, par lequel on passe dans la ZEC du Lac au Sable. Ce sentier monte tranquillement et se fait toujours sur un chemin de gravelle, enfin ! Mais bon, mes pieds sont endoloris, je bouette et j’ai de la difficulté à marcher. Je commence à en avoir ras le bol et souhaite juste que les derniers kilomètres s’estompent. Mais non … voir si cela devait être facile, encore 3 bassins d’eau, de rivière et un pont submergé à traverser. Étant ÉCOEURER bin raide, je passais directement en plein centre du chemin. À va tu finir un peu cette trail la !

17km plus tard, je suis arrivé au refuge le Coyote. Le refuge n’a pas de point de vue mais il est quand même bien situé près d’une rivière et face à un chemin de gravelle. Je dois avouer que la première chose que j’ai faite en arrivant est … ok … de me mettre en sandale pour aérer mes ampoules … mais bien de me mettre en maillot pour me baigner et laver dans la rivière. Oh mon dieu que c’était bon !

Simon, un des campeurs est arrivé peu de temps après puis les autres aussi. Nous avons fait un brin de causette à l’extérieur du refuge, en apportant des chaises de bois pour les installer au beau milieu de la rue. Ce fût vraiment plaisant de discuter de tout et de rien avec eux. On a fraternisé et développé une belle amitié. Nous avons tranquillement parlé de tous et chacun et appris à se connaître mieux.La famille est arrivé peu de temps après. C’était une belle soirée !