Jour 3 : Cap Sutil à Irony Creek (km 16,6 à KM 23,8)

5h00 du matin, nous avons ouvert les yeux et profité du magnifique levé de soleil au loin. Une fois la routine bien installée, nous avons terminé de ranger nos équipements rapidement après le déjeuner. 07h00 nous étions partis pour la journée la plus trippante du voyage !

Tout au long de cette route de 7.2km, se trouvent certaines des plages les plus exotiques et pittoresques de l’île de Vancouver. Debout sur la plage, entre la forêt et la mer, nous avons été confrontés à de paysages extraordinaires. Nous n’avons pas pu nous empêcher de nous sentir seul au bout du monde. 

Lorsque l’on sort du Cap Sutil, le chemin se fait principalement dans le bois et nous fait traverser nombreuses petites plages avec quelques vues sur l’océan Pacifique. Le sentier continue pendant environ 15 minutes, sous une forêt tropicale de la côte ouest. Le sous-bois est épais et on y retrouve principalement du cèdre, de la pruche, du sapin, de l’épinette ainsi que du lichen et de la mousse. On marche ensuite sur une première plage. Le long de cette section, les marées et la géographie nous a permis de faire majoritairement des randonnées côtières, avec de petites sections dans le bois.

Au bout de cette première plage, on trouve un court sentier de liaison qui nous emmène à travers la forêt jusqu’à la deuxième plage, une magnifique baie d’environ 225 mètres de long. Le terrain est composé de galets, de pavés et de bois. Ici, il faut surveillez la faune sauvage, des orques ont été repérées au large de cette plage et malheureusement, nous n’avons pas été chanceux. Au bout de la plage, on y retrouve des bouées colorées suspendues qui marquent le chemin dans la forêt pour une autre courte section intérieure.

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Environ 30 minutes, ou un peu moins de 2 km du Cap Sutil, nous sommes arrivés à un carrefour dans la forêt. Le prochain demi-kilomètre comporte un sentier de plage et un sentier intérieur alterné avec plusieurs points d’accès. Nous sommes donc restés sur la plage sans que la marrée haute nous oblige de se diriger vers l’intérieur des terres. La route côtière est plus facile et plus pittoresque. Le long de la plage, nous avons longé un rivage rocheux de 450 m avant la reprise du sentier forestier. Plusieurs promontoires le long de cette section de la plage sont infranchissables à marée haute et oblige les randonneurs de quitter la plage et de prendre la piste forestière. Il y a sur cette plage, trois points d’accès marqués par des bouées qui permettent d’accéder à l’itinéraire intérieur. Aux marées les plus hautes, il faut rebrousser chemin et prendre le premier accès au sentier, Mais, si les marées le permettent, il est possible de se faufiler le long du rocher et des vagues sans se mouiller. Quelques minutes de plus… et nous étions coincés…

À la fin de cette plage, on grimpe en altitude pour retrouver un sentier qui était disons spécial. Dans cette section, nous avons créé notre propre chemin dans la forêt dense jusqu’à ce que l’on trouve un semblant de sentier qui nous a encore amené à une plage de galets. Une fois sur la plage… on retourne en forêt pour environ 30 minutes et on suit la côte de près mais à plus haute altitude. Le sentier est vallonné avec de la boue, des racines et plusieurs montées abruptes. Une corde en nylon, désormais familière, serpente les sections les plus raides et offre des poignées utiles là où nous en avions besoin.

Peu de temps après, nous avons quitté la forêt et commencé un kilomètre sur un terrain facile et caillouteux. Cette partie du littoral est divisée par un promontoire forestier et un court sentier de connexion marqué par des bouées. Le camping est possible ici, mais il manque une source d’eau. Au loin, on peut apercevoir le tombolo. On dirait une autre falaise rocheuse surmontée d’une parcelle de conifères. Mais une fois que l’on approche à la toute fin de la plage, un court sentier à travers l’herbe nous emmène à un endroit fort bien étonnant; une baie d’allure sauvage où de puissantes vagues heurtent la roche déchiquetée avec une telle force que la mer l’envoie, encore et encore, dans les airs. Le paysage raconte une histoire de tempêtes sans fin. Des traîneaux de bois sont éparpillés sur la brousse et les arbres balayés par le vent s’accrochant avec ténacité. Le tombolo est situé au KM 20, à un peu plus de 3 km du Cap Sutil. Du tombolo, le sentier longe la baie rocheuse balayée par le vent et pénètre dans une section de forêt ouverte avec vue sur l’océan. À partir de ce point, le littoral et le sentier s’orientent vers le sud. Le sentier évite un promontoire rocheux important et, à la place, coupe une partie difficile de la forêt. La vue sur l’ouest est magnifique. On y aperçoit un paysage de vagues et de vent, impitoyable et isolé. À un rythme modéré, après avoir pris notre dîner, il nous a fallu que 3 heures supplémentaires pour atteindre le camping Irony Creek.

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Il y a une série de superbes plages le long de cette section, chacune avec sa propre forme et sa propre texture. Sable doux et limoneux, galets et rochers sont les paysages dominants de la place. De grands pavés, des tas incessants de bois et des terrains accidentés en pente raide nous ont motivés, malgré la fatigue, à poursuivre leur chemin pour trouver un terrain plus agréable. Même si notre cœur était plein de joie de savourer ses paysages à couper le souffle, nous étions plus qu’envieux de terminer notre escapade de la journée. Pour faciliter notre randonnée, nous avons marché sur des roches plates et profité des massifs d’algues pour alléger nos pas.

Dans la première partie de l’été, les aigles nichent et se nourrissent ici. Nous avons repéré leurs nids massifs dans les hautes cimes d’arbre. Nous avons aussi gardé un œil sur les oiseaux de mer au bord de l’eau et des affleurements rocheux. Sur le sable, nous avons repéré une variété de traces d’animaux – des cerfs, des ours et des loups.

Le camping de Shuttleworth Bight est un régal. Une fois arrivé, nous avons traversé le ruisseau de Irony lui-même pour accéder au camping sur le côté ouest. Cet endroit se trouve au long des billots de bois, à l’abri des Sitka et des bouleaux. Il offre toutes les commodités d’un campement de l’arrière-pays 5 étoiles. Il a un accès facile à l’eau depuis le ruisseau Irony, quatre plates-formes pour les tentes et un casier à nourriture. À côté, on retrouve Shuttleworth Bight, la baie de sable de près de 2 km de long. Celle-ci offre un camping de plage supplémentaire lors de marrée basses.

Nous sommes arrivés après 6 heures de randonnée fort bien amusant et différent des deux premiers jours. Il était 13h00 et nous avons une température idéale pour se reposer et prendre du bon temps. Nous avons installés notre campement pour la soirée et avons profité de la mer pour s’y tremper les pieds dedans. Shuttleworth Bight est un répit de sable de bienvenue pour les randonneurs fatigués et un endroit que je recommande à tous de rester. Une fois bien reposé,  nous avons soupé toujours sous le soleil, qui ne semblait pas vouloir se coucher. 21h30 il était encore bel et bien là mais, nous étions trop fatigués pour y voir son couché.

 

North Coast Trail, Cape Scott Provincial Park, BC – Jour 4, Irony Creek à Laura Creek

 

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