En février dernier, alors que j’étais en vacance chez mon copain Clayton, nous avons convenu que notre prochaine aventure serait de parcourir la North Coast Trail ensemble. Trois mois plus tard, nous voici dans cette aventure…

Étant à Montréal du 3 au 6 mai 2018, j’ai profité de ce moment pour voir mes amis et faire un peu de Zumba (ça me manque énormément depuis que j’ai cessé de donner des cours). Le 8 mai dernier, j’ai pris l’avion en direction de Vancouver pour rejoindre Clayton. Je suis arrivé à 22h30 et étant donné que je voulais économiser, je me suis installé dans un coin bien tranquille de l’aéroport.

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Après avoir somnolé quelques heures, j’ai rejoint Clayton, qui lui, à pris son envol en direction de Vancouver provenant de Calgary. Les retrouvailles faites, nous avons emprunté un service de navettes se rendant à la gare domestique. La navette prend moins de 20 minutes pour arriver à l’aérogare S. Nous nous sommes enregistrés au bureau de la compagnie Pacific Coastal Airline et avons pris le vol domestique en direction de Port Hardy, une ville (ou village) situé à l’extrémité nord-est de l’île de Vancouver. Malgré les nuages, nous avons, du haut des airs, contemplés la vue des rocheuses.

Une fois arrivé à Port Hardy, mon frère nous a accueillis et nous nous sommes installés pour une nuit chez lui avant d’entreprendre l’un de mes plus gros périples en packsack fait à ce jour.

 

Jour 1 – 10 Mai 2017 – Départ de Port Hardy

Étant à Port McNeill, Clayton et moi sommes réveillés tôt pour se rendre à Port Hardy. La température était maussade comme à l’habitude mais sans aucune précipitation (de la chance quoi…). Port Hardy a un climat océanique en raison de sa proximité du Pacifique. Les étés sont très frais et les hivers sont plutôt doux. Les précipitations sont plus élevées que d’autres régions ce qui fait que la région est l’une des plus humides du Canada.

Nous sommes arrivés dans ce petit village et sommes rendus au bureau du CAPE SCOTT WATER-TAXI LTD afin de s’enregistrer, payer les frais du transport et du séjour en camping au Parc Provincial Cape Scott. Clayton et moi étions soulagés de payer les frais de 90$ / personne au lieu de 180$ chacun. Un couple allemand étaient, eux aussi, en quête d’aventure et avaient prévu faire le sentier en 5 jours (un peu trop rapide selon moi). Nous avons fait connaissance et nous avons pris place dans le bateau-taxi. Une fois installé, Georges, le Capitaine, nous à transporté dans un décor enchanteur et nous à donné beaucoup d’informations sur le sentier. Nous avons observé au loin la vie sauvage du Nord de l’île de Vancouver, sa faune aquatique et ses paysages riches et mystérieux. Près de la Baie de Shushartie, le Capitaine nous donne donc les renseignements nécessaires afin de quitter le bateau (vous devinerez donc qu’il n’y a pas de quai). Nos équipements sur le dos, nous avons marché en avant du bateau alors que celui-ci était près du rivage et avons mis pied sur la baie. Nous avons salué Georges et commencé notre aventure. Le couple Allemand est parti très rapidement, nous leur avons souhaité un bon séjour dans le parc sachant que nous ne les croiseront certainement plus.

 

 

Shushartie Bay to Skinner Creek (KM 0 à KM 8.7)

09h00

Une fois que Clayton et moi avons mis nos protèges-boue, nous avons observé les alentour du campement de la Baie Shushartie. L’endroit est sauvage et le silence y règne. J’ai pris une photo avec l’affiche du sentier North Coast Trail puis pris mon courage à deux mains pour grimper en hauteur les premiers mètres du parcours.

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Dans la montée, on peut y apercevoir le Camping de Shushartie Bay. Ce camping est offert aux randonneurs qui font le sentier en sens contraire pour attendre le bateau-taxi. Le camping est composé de quatre plateformes pour les tentes en forêt. On y retrouve aussi une cache de nourriture et une toilette à fosse septique situés sur la colline au début du sentier. Il faut savoir qu’il n’y a pas de source d’eau dans les environs mais ayant 2L d’eau chacun dans nos sacs, nous étions prêts à conquérir la place jusqu’à la prochaine rivière que l’on croise.

Au départ du camping, le sentier monte la colline à travers une forêt dense. Avec des gros packsacs et des muscles tout frais, la première heure est l’une des plus difficiles et nous a fait suer en maudit ! Nous avons utilisé les cordes pour grimper et descendre des pentes. Une fois que l’on a atteint le plateau, nous avons su que la partie la plus difficile est terminée. La forêt cède la place au ciel et à une tourbière de haute terre dont des étendues substantielles de plates-formes blanchies au soleil serpentant à travers le paysage. Semblable à l’environnement alpin, la tourbière des hautes terres est à la fois dure et délicate. La végétation commune comprend les myrtilles, les mousses, le cèdre jaune, le pin tordu et la pruche de l’Ouest.

Le sentier débutant de Shusartie Bay, est quoté modéré à difficile. Il nous donne l’opportunité de traverser un écosystème unique de tourbière. Cette section fournit des habitats pour les amphibiens, les poissons et les invertébrés. Le chemin est fait principalement d’escabeaux, de cordes et de boues (de la boue? je connais pas ça…) et nous emmène de l’océan à un plateau haut de 247m de hauteur pour finalement retourner au niveau de la mer. C’est la partie la plus longue et est d’ailleurs considérée pour la plupart comme la partie la plus difficile de toute. Je pense que c’est bel et bien le cas, mais j’ai quand même bien aimé cette section. Nous avons dîné sur l’une des promenades et profité de quelques rayons de soleil qui tentaient de percer les nuages. Il y a des tronçons de promenade, mais on s’attend à grimper, au-dessus et autour des racines, des arbres et des souches le tout dans des sections très boueuses (Ahhh, la boue !)

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Après deux heures de randonnée depuis le début du sentier, on atteint le sommet de la section. Il n’y a pas de marqueurs mais on descend graduellement. Bon pas tant avec les escabeaux, les poutres solides posées à travers la boue et une corde en nylon pour descendre rapidement les quelques mètres, mais la deuxième moitié du sentier est facile à l’exception … de la boue !!! Il était difficile de marcher dans certains endroits, ou nous pourrions être aspirés jusqu’aux genoux. Mais bon, nous avons eu du challenge en masse ! Nous avons à quelques reprises contourné les sections de boue impossible à traverser. À un certain moment, nous avons senti l’air salé et espérer voir l’océan. Mais non … Nous en avions encore pour quelques minutes… Contemplant les environs, nous avons finalement pris un dernier escalier nous laissant descendre presque jusqu’au lit du ruisseau Skinner. Celui-ci est un large ruisseau peu profond rempli de petites roches. Après 7 heures de marche, nous étions enfin arrivés ! Pour accéder à la plage et au terrain de camping, nous avons traversé le ruisseau et grimpé au-dessus d’énormes piles d’arbres qui ont été abattus et coupés en 2011 afin d’aider les randonneurs à grimper (pour nous c’était pénible, car nous n’avions plus d’énergie). De nombreuses bouées nous informe de l’endroit pour s’y rendre. Une fois arrivé, nous avons jeté nos sacs au sol et prit un bon moment de détente laissant le son des vagues roulant continuellement sur le sable. Il faut savoir qu’à ce camping, il est mieux de s’installer sur la plage en autant que l’on soit loin des marées hautes. On peut aussi trouver le BC Park Sign et une carte au bord de la forêt sur le côté sud-ouest de la rivière ainsi qu’un endroit pour y faire un feu et une cache à nourriture. L’eau est facilement accessible et de bonne qualité.

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Rendus au Camping Skinner Creek, nous avons installé nos équipements pour la nuit dans la forêt à l’abri du vent. Nous avons décidé de se laver (Clayton à la rivière EXTRÊMEMENT FROIDE et moi aux lingettes humides) et de se changer en pyjama avant de découvrir les environs. La plage de Skinner Creek est paisible. C’est une large étendue de sable et de cailloux qui nous a finalement soulagé après de longs moments dans la boue et la noirceur de la forêt. De la plage, nous avons de peu et de misère observé le canal de Goletas, Hope Island, le mont Waddington et les montagnes de la chaîne côtière. L’océan à cette section de la plage n’est pas vraiment recommandé pour la baignade. L’angle de la plage crée une action de vague puissante, laissant un fort courant dans l’eau. Le Skinner Creek offre une occasion fantastique de repérer la faune marine. On y retrouve des marsouins, les lions de mer, et même des baleines qui fréquentent souvent ce passage maritime lors de leurs voyages mystérieux. Nous avons eu un ami curieux (lion de mer) lors de notre marche et sommes tombés près d’un ours noir. Nous n’avons pas pris de chance et sommes retournés au campement pour souper et se reposer finalement. À la tombée de la nuit, il est fort bien intéressant d’entendre l’appel solitaire du phare de Nahwitti, situé de l’autre côté, mettant en garde les bateaux marins contre les vagues dangereuses.

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De Skinner Creek, beaucoup de gens décident de continuer afin de gagner quelques kilomètres supplémentaires en allant jusqu’à la rivière Nahwitti. Mais nous avons opté pour faire le trajet le lendemain. Nous étions fatigués, nos muscles étaient endoloris (Hen… Clayton ??? hihihi) et nous ne voulions pas brusquer notre séjour au Parc. Notre première nuit à été difficile et nous nous sommes réveillés plusieurs fois dans la nuit non pas seulement à cause de nos corps meutris mais aussi par les animaux curieux de notre présence….

Jour 2 : Skinner Creek à Cape Sutil

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