Il est 04h30 du matin quand mon réveil sonne. « Allez fille, on se lève ! », excitée à l’idée de partir à la découverte de la Montagne Arc-en-Ciel, également connue sous le nom de Vinicunca. Huit d’entre nous, ont décidé de vivre cette expérience, et bien sûr, se lever à une heure aussi matinale fait partie du jeu. À 05h00, le bus nous attend pour nous emmener vers notre première étape : le Lupita Lodge, un petit restaurant peu fréquenté par les touristes.
Lorsque nous arrivons au Lupita Lodge, le parfum des fruits frais et des crêpes flotte dans l’air et ce malgré un froid glacial. Je ne vous dit pas que les toilettes sont en plus à l’extérieur de la bâtisse. Brrrrr…. Nous savourons un petit déjeuner copieux composé de musli, de crêpes légères et de sandwichs aux œufs et au jambon. Le temps est nuageux ce matin-là, mais notre enthousiasme ne faiblit pas. Vêtus de nos meilleures couches chaudes, nous nous préparons à l’excursion. Allez soleil, sors de ta cachette !
Le chemin que nous empruntons a ouvert aux visiteurs seulement il y a trois mois, et alors que nous montons, le paysage devient rapidement spectaculaire. Le sentier est fait de rochers glissants et de pentes abruptes, offrant une vue incroyable, si l’on choisit d’ignorer les falaises vertigineuses qui bordent la route. La montée en zigzag nous élève lentement, et le panorama qui se dévoile est à couper le souffle.
À 09h30, nous sommes enfin arrivés à l’un des sites naturels les plus emblématiques du Pérou. La Montagne Arc-en-Ciel s’élève à environ 5 200 mètres d’altitude, cette montagne est un réel tableau de la nature, ses couleurs — rouge, jaune, vert et bleu; formées par les minéraux qui jalonnent le sol des Andes.
Le rythme de la marche dépend de chacun, mais l’acclimatation à l’altitude est essentielle. Quelques pas suffisent à nous essouffler, et je me remémore les randonnées que je faisais jadis, me motivant à continuer. Pour certains, les chevaux ont été un moyen de parvenir près du sommet. Les chevaux transporte les touristes à environs 200–300 m du sommet et les gens peuvent faire la suite à pied. De mon côté, je préfère relever le défi à pied dès le début. Mon cœur bat au rythme de mes pas, et je m’efforce de profiter de chaque instant, malgré la difficulté de la montée. Je montais en zig zag, ce qui était moins épuisant et difficile pour les jambes. Pas mal mieux que de monter directement en prenant 3-4 pauses.
À mi-chemin, je m’arrête à un belvédère bondé de touristes. Comment exprimer mon agacement face aux foules de touristes ? Bref, je me hâte de prendre quelques photos, espérant capturer la beauté sans visages étrangers flânant devant l’objectif. Mais il est difficile de savourer le moment je dois avouer. Des gens a la file indienne pour prendre un « selfie » avec l’affiche du 5000m, ou avec des alpagas déguisés…. non. Finalement, je me hisse au sommet, parvenu à plus de 5000 mètres. Une vue magnifique s’étend devant moi : la célèbre montagne striée de bandes multicolores et, de l’autre côté, les pics enneigés et glaciers majestueux de l’Ausangate. Je me sens enfin à ma place, entourée par les montagnes.
Ressentant le froid, je redescends et croise trois membres de mon groupe qui ont décidé de monter au sommet après moi. Je les encourage à grimper ; la vue en vaut vraiment la peine. Je poursuis ma descente en attendant les autres voyageurs, le cœur plein de fatigue mais aussi de fierté. Après quatre heures de montée et de descente, la satisfaction d’avoir relevé le défi me remplit.
Une fois tous de retour au bus, nous avons repris la route pour revenir au Lupita Lodge. Nous avons dégusté un dîner bien mérité avant de reprendre la route vers Cusco.
Sincèrement, je recommande la Montagne Arc-en-Ciel à quiconque cherche un défi, peu importe son aspect touristique. C’est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. Notre séjour touche à sa fin, avec une ultime journée avant le retour : une aventure dont je ne manquerai jamais de me souvenir.















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